Toshiba vient officiellement d’annoncer la vente d’une partie de son activité mémoire flash, incluant son business NAND flash appartenant à sa division Storage & Electronic Device Solutions. L’identité de l’acquéreur n’a pas été précisée mais on sait que Western Digital faisait partie des candidats les mieux placés pour l’emporter. Le japonais, inventeur de la NAND flash au début des années 80, avait annoncé il y a une dizaine de jours vouloir effectuer une spin off de son activité mémoire. Une décision qui intervient alors que le conglomérat doit faire face à une dépréciation de plusieurs milliards de dollars de son activité nucléaire aux Etats-Unis et est également empêtré dans un scandale comptable de 1,9 milliard de dollars.

Toshiba entretient avec Western Digital une relation privilégiée, ces derniers étant liés par un accord de coopération dans plusieurs usines de fabrication de mémoire, dont Fab 2 localisée à Yokkaichi au Japon. D’après le Nikkei Asian Review, la part des activités mémoire de Toshiba cédées s’élèverait à 20% et pourrait lui rapporter entre 1,77 et 2,65 milliards de dollars. Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires du japonais doit avoir lieu prochainement pour valider cette opération qui devrait être bouclée le 31 mars, correspondant à la fin de l’exercice fiscal des entreprises japonaises.

Usine Toshiba et Western Digital au Japon

Vue extérieur de l’usine de fabrication de mémoire conjointement opérée par Toshiba et Western Digital sur le site de Yokkaichi au Japon. (crédit : Toshiba)

Un risque pour le niveau de marge à venir ?

Actuellement, Toshiba et Western Digital pèsent 35% du marché global de la production de flash NAND, d’après DRAMeXchange, une division de TrendForce. Juste devant, on trouve Samsung avec 36% de part de marché ainsi que le couple Micron-Intel (17%) et SK Hynix (12%). D’un point de vue financier, d’après les résultats du dernier trimestre, les ventes de mémoire de Toshiba ont constitué seulement 15% de l’ensemble de ses revenus mais plus de 50% de sa marge opérationnelle. En cédant une partie de ses activités mémoire, le fabricant met une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Car si d’un côté cela lui permet de faire rentrer d’un coup pas mal d’argent frais dans ses caisses, de l’autre il accepte de voir une partie de sa marge fondre comme neige au soleil.