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BNP Paribas teste la blockchain pour des virements internationaux

BNP Paribas a réalisé un démonstrateur de virements internationaux utilisant la technologie blockchain au profit de deux clients-tests partenaires de l’opération, Panini Group et Amcor.

La technologie blockchain a été testée par BNP Paribas pour réaliser de manière quasi-instantanée des virements internationaux multi-devises entre des entités du groupe situées en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Les virements ont été opérés au profit de deux clients-tests partenaires de l’opération, Panini Group et Amcor. Le trésorier de Panini Group a vu dans cette technologie l’opportunité de réaliser des transactions de montants élevés quasiment en temps réel. Ce démonstrateur, issu d’un hackathon, a été baptisé « cash without border » [argent liquide sans frontière].

AdTech AdPour comprendre l’intérêt de cette technologie, commençons par le mode traditionnel de fonctionnement. Lorsqu’une banque dans un pays veut envoyer de l’argent à une banque dans un autre pays d’une autre zone monétaire (la difficulté n’apparaît pas au sein de la zone SEPA par exemple), ces banques font appel à des banques correspondantes qui vont se régler au sein d’une chambre de compensation dans le pays de la devise considérée. « Aucune banque n’a d’accès direct à toutes les chambres de compensation, à toutes les devises, etc. » pointe Jacques Levet, responsable Transaction Banking EMEA chez BNP Paribas CIB.

Une multitude d’intermédiaires dans la méthode traditionnelle

Pour les virements internationaux, les banques communiquent via des messages Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). En fonction de la complexité de l’opération et des devises concernées, une transaction interbancaire internationale peut donc comporter l’intervention d’une chambre de compensation et de plusieurs banques correspondantes pouvant intervenir au fil du transfert.

A chaque étape, chaque acteur ajoute son temps de traitement et peut prélever une commission. Jacques Levet détaille : « dans le cas d’opérations complexes et inhabituelles, le coût total de la transaction peut très bien ne pas être connu au départ. » Que la banque de départ et la banque d’arrivée appartiennent au même groupe ne simplifie pas tout : ce sont deux établissements étrangers l’un à l’autre du point de vue des transactions monétaires. Cela dit, elles peuvent avoir le même correspondant. Donc une opération internationale se traite de manière sérielle en passant par différents acteurs qui ont leurs propres règles de gestion. En plus de cela, les problèmes de décalages horaires et de périodes d’ouvertures différentes des acteurs impliqués font que la durée d’une telle transaction peut aller jusqu’à deux jours.

Réaliser une opération simple et rapide

« Nous réalisons des tests sur la blockchain [Chaîne de blocs] depuis plusieurs années » indique Jacques Levet. Assez logiquement, l’idée a été émise d’utiliser cette technologie pour éviter la longue procédure de transaction interbancaire internationale avec ses multiples intermédiaires. Pour rester simple et conforme à la réglementation, le démonstrateur a été monté pour des opérations entre deux comptes appartenant au même client dans deux filiales différentes du groupe BNP Paribas situées dans deux zones monétaires différentes (livres et euros en l’occurrence).

Une blockchain a donc été montée au sein du groupe BNP Paribas entre plusieurs entités et filiales. Cette technologie garantit une traçabilité complète et une visibilité totale de l’opération dès l’origine. Il n’y a donc plus recours aux banques correspondantes de façon séquentielle mais envoi direct entre donneur d’ordre et bénéficiaire tout en synchronisant le transfert de liquidité interbancaire. L’opération de transfert, du point de vue de la chaîne de blocs, se fait quasiment en temps-réel.

Un démonstrateur très loin de l’industrialisation

Mais comme il ne s’agit que d’un démonstrateur, le système Legacy a été maintenu pour les outils e-banking et reporting des clients. Cet impératif accroît la durée de l’opération de bout en bout de deux heures au maximum. De la même façon, l’opération n’a été possible que parce que les banques correspondantes appartiennent au groupe BNP Paribas. Jacques Levet confie : « nous participons activement à des groupes de travail interbancaires sur ce sujet. »

De plus, pour ce démonstrateur BNP Paribas a volontairement évacué certains sujets réglementaires, sécuritaires, liées aux données personnelles, etc. qui ne sont pas tous levés puisque la technologie est encore relativement jeune dans le secteur bancaire. On est donc encore très loin d’une industrialisation qui devrait néanmoins se faire à moyen terme. Le démonstrateur a été monté grâce à des développements internes se basant sur les librairies classiques liées au protocole choisi, NXT. « Mais rien n’indique qu’il sera retenu in fine » souligne Jacques Levet.

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